Le projet de loi sur les OGM est actuellement au cœur de la tempête, où plus exactement dans l’œil du cyclone, à cet endroit précis où le temps est suspendu et le silence absolu … dans l’attente de nouvelles turbulences. 

L’occasion de faire un point dans ce capharnaüm de manifestations, votes, pétitions, etc. Retour sur les évènements pour essayer d’y voir un peu plus clair :

  • Le 9 avril, c’est l’incident NKM. La députée dénonce «l’inélégance» et la «lâcheté» de Jean Louis Borloo et Jean François Copé dans les colonnes du Monde. Elle fait la Une de Libération qui la sacre « héroïne » du journal pour un jour
  • Le 16, le Sénat entérine en deuxième lecture le texte de loi sur le OGM, sensé clarifier les conditions de mise en culture d’OGM et leur co-existence avec les productions conventionnelles, mais modifie de quelques lignes l’amendement Chassaigne, dans l’article 1, en le soumettant au «droit européen». Les députés devront donc se prononcer sur cette modification
  • Le 5 mai, les associations écologistes invitent les citoyens à se mobiliser pour dire «non aux OGM et oui au Grenelle de l’environnement». Elles leurs donnent rendez-vous pour manifester le 13 mai à 13 heures devant leur préfecture
  • Le 7, les divisions au sein de la Commission Européenne poussent l’assemblée des députés européens à reporter la décision sur l’autorisation de cultiver une pomme de terre et des variétés de maïs transgéniques. Un nouvel avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments est demandé
  • Tous les analystes annoncent la fin du parcours du projet de loi qui devait selon toute vraisemblance être entériné par les députés (grâce à la majorité UMP – dont l’unité commence pourtant à se lézarder)
  • Lundi 12, des manifestations anti-OGM éclatent en Allemagne (sans rapport avec les évènements français…) au premier jour de la quatrième Conférence des Nations Unies sur les risques des biotechnologies
  • Le même jour, à l’initiative du collectif Génération C (qui rassemble 83 cuisiniers) et de deux associations de vignerons, les chefs publient un article dans Le Monde et lancent un appel pour défendre «le principe de précaution : pas d’OGM à nos tables et dans nos caves». «C’est un droit que celui de choisir le contenu de son verre et de son assiette». Il était temps que les tenants de la gastronomie se mobilisent (restés jusqu’alors silencieux voir post débat OGM : mais où sont les chefs?)
  • Le Lundi soir, le Monde daté du lendemain publie un article selon lequel, dans les Deux-Sèvres, du maïs bio aurait été contaminé par des gènes de maïs transgénique, alors que les plants respectifs sont réparés de…35 km.
  • Mardi 13 au matin, les députés Verts Yves Cochet, Noël Mamère, Martine Billard et François de Rugy ainsi que André Chassaigne (PCF) organisent une conférence de presse pour dénoncer «les incohérences du texte qui entend organiser une co-existence pourtant scientifiquement impossible» CQFD
  • Au même moment, Jean Louis Borloo, lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, déclare que le texte de loi sur les OGM est «le plus restrictif au monde pour protéger les cultures traditionnelles»
  • Un grand pique-nique est lancé à 13h place des Invalides à Paris, à l’initiative des associations écologistes. Quelques centaines de personnes sont rassemblées. On y croise le WWF, Greenpeace, Attac, José Bové, etc. Tous les moyens de mobilisation sont utilisés y compris des «sms audios» laissés sur les répondeurs. Voir une vidéo de l’évènement
  • 18h : Le vote a lieu. Coup de théâtre, une motion de procédure défendue par André Chassaigne, dont l’objet «est de faire décider qu’il n’y a pas lieu de délibérer» (sous la forme d’une question préalable) est adoptée à 136 voix contre 135. L’alliance de gauche contre les OGM ne cache pas sa joie dans l’hémicycle. Voir les images du JT de France 3
  • Vraisemblablement certains députés UMP ont voté avec leurs pieds … en restant marcher dans les couloirs de l’assemblée pendant la délibération. Un simple «accident de parcours» qui n’empêchera pas «le texte de suivre son cours» délare Jean François Copé au JT de France 2
  • Mercredi matin : François Hollande propose sur RMC-info et BFM-tv de «réécrire un texte et de rouvrir finalement la procédure parlementaire»
  • Mercredi 14, 16h : première réunion annoncée de la commission mixte paritaire (7 députés, 7 sénateurs, à majorité UMP) constituée pour l’occasion et qui devra examiner le projet de loi.